La mort inattendue du nourrisson (MIN) correspond au décès brutal d’un enfant de moins de 2 ans, jusqu’alors bien portant, survenant alors que rien dans ses antécédents connus ne pouvait le laisser prévoir.
En France, chaque année, environ 300 bébés décèdent de mort inattendue du nourrisson. Il s’agit de la première cause de décès entre l’âge d’un mois et un an, dont les trois-quarts ont lieu avant l’âge de 6 mois.
La France est l’un des pays européens où la prévalence est la plus élevée. Malgré une diminution de plus de 75% du nombre de décès suite aux campagnes nationales « je dors sur le dos » et aux conseils de prévention autour du couchage dans les années 1990, le nombre de décès stagne depuis les années 2000.
On estime actuellement qu’encore 50% des cas de MIN seraient évitables en respectant les mesures de prévention recommandées notamment en termes d’environnement et de couchage.
Ces principaux facteurs de risque sont bien identifiés et accessibles à la prévention. Il s’agit du couchage sur le ventre (diminution de 75% des décès avec un couchage sur le dos) et du tabagisme maternel pendant la grossesse (risque de MIN x13).
Malheureusement, aucune campagne ou action d’ampleur sur ces thématiques n’a été mise en place par les pouvoirs publics depuis les années 1990 et les recommandations de la Haute Autorité de Santé de 2007.
Les actions et messages de prévention sont principalement portés par les centres de référence régionaux de la MIN et les associations de parents.
Depuis plus de 10 ans, le congrès national sur la MIN constitue chaque année un rendez-vous scientifique et institutionnel majeur, permettant le partage des connaissances, la diffusion des bonnes pratiques et la mise en réseau des acteurs impliqués.